Quand on prévoit un road trip le long de la Panaméricaine la question du moyen de transport se pose rapidement. Chaque projet est différent, le plus important est de trouver la façon de voyager qui convient. De notre côté, Panaméricaine rimait avec vie en van, il ne restait plus qu’à trouver celui dans lequel on se voyait vivre presque 2 ans.

Nous n’avions jamais été propriétaire, ni d’une voiture, ni d’une maison, l’achat d’un van a donc été une véritable aventure !

Dans quel pays acheter son van ?

N’ayant pas de point de chute prédéfini en Amérique du Sud, nous voulions atterrir là où le marché était le plus important. Lors de nos recherches, nous nous sommes rendus compte que la quasi-totalité des vans se vendait au Chili. La raison principale : il est très facile pour un étranger d’acheter un van chilien. La plupart des vanlifers voyagent uniquement en Amérique du Sud ou terminent la Panaméricaine à Ushuaia puis remontent à Santiago pour vendre leur van.

Nous avons donc réservé nos billets Paris-Santiago et un mois avant de partir nous avons commencé à parcourir les pages Panamerican Traveler Association et Overlanding Buy and Sell pour repérer les modèles qui nous intéressaient et nous mettre en contact avec les vendeurs. 

Être au Chili ne signifie pas forcément acheter un van chilien. En effet, il n’est pas possible de sortir du territoire avec un véhicule plus de 180 jours d’affilés. Passé ce délai, il faudra payer une amende à la frontière. Notre projet débutant en Amérique du Sud et se terminant en Alaska, il nous aurait été quasiment impossible de revendre un van chilien aux Etats-Unis. 

Faire attention aux modalités de sortie du territoire d’un véhicule national. Certains pays, comme le Chili, n’autorisent qu’une sortie temporaire du véhicule.

Si, comme nous, vous faites la Panaméricaine du Sud au Nord, optez pour un van immatriculé aux USA. Les démarches administratives sont plutôt simples et la revente une fois arrivée aux Etats-Unis est beaucoup plus facile.

Quel modèle choisir pour la Panaméricaine ?

Vanlifers en herbe, nous avions seulement passé quelques semaines en van en Nouvelle-Zélande puis en Australie avant de nous lancer dans cette grande aventure.

Pour avoir fait du camping sauvage en Europe, nous savions ce dont nous avions besoin, ce que nous voulions éviter et avons fait une liste de critères. Pas si éloigné de la liste qu’on établit quand on veut acheter un appart (option balcon en moins).

Ce qui était important pour nous :

  • Un espace pour se tenir debout
  • Pouvoir cuisiner à l’intérieur
  • Un frigo pour garder les bières au frais (on sous-estime le pouvoir d’une bière fraiche)
  • Avoir assez d’espace pour que l’un de nous puisse boire un thé et bouquiner pendant que l’autre dort (on vous laisse deviner lequel fait quoi)
  • Être capable de prendre les petits chemins pour atteindre des endroits reculés (4X4 et haut débattement)
  • Avoir un jacuzzi …

Notre projet étant de voyager pour une longue durée, à travers une quinzaine de pays, le changement de saisons était un des aspects essentiels à prendre en compte : l’intérieur du van peut ressembler à un igloo mal isolé en hiver et à un hammam en Amérique Centrale. Nous savions que nous ne pouvions pas vivre uniquement en extérieur et qu’il nous fallait donc un intérieur cosy dans lequel on se sente bien.

On vous passe les heures à scroller sur les groupes Facebook, les sites de vente de voitures d’occasions, les dizaines de messages échangés avec les vendeurs, les alertes bons plans, les vans qui nous faisaient rêver mais qui étaient au Costa Rica… En bref, nous avons vu une douzaine de vans à Santiago, dont les prix variaient de 5 000€ à 18 000€, afin d’affiner nos critères : Chevrolet Astrovan, Mitsubishi L300, Mercedes Sprinter, Westfalia T2, plusieurs modèles de 4×4 avec tente sur le toit…

Et nous avons finalement eu un gros coup de cœur pour un Ford F-150 de 2003 avec un campervan Yukon de 1991, rapidement rebaptisé « 4×4 de la mort ». Il cochait toutes les cases et nous avons eu un super feeling avec ses propriétaires : Anna et Tim, un couple d’allemands qui voyageaient depuis 6 mois d’Argentine au Pérou.

Même si vous avez un budget bien établi du départ, n’hésitez pas à aller voir des vans qui sont hors-budget pour vous permettre de remettre vos critères en perspective.

Quel budget ?

Le prix de vente d’un van varie en fonction de son année de fabrication, du nombre de kilomètres, de son aménagement intérieur, de l’état général de la mécanique…jusqu’ici on ne vous apprend pas grand chose. Le marché de la revente entre étrangers est assez important au Chili et les prix ne sont donc pas les mêmes que ceux qu’on peut connaître en Europe ou aux USA.

Ci-dessous une vue d’ensemble des fourchettes de prix par type de van.

  • Chevrolet Astrovan et Mitsubishi L300 : entre 5 000 et 7 500€
  • 4X4 type Suzuki ou Toyota aménagé : entre 5 000 et 7 000€
  • 4X4 type Suzuki ou Toyota aménagé avec tente sur le toit : entre 7 000 et 8 500€
  • Mitsubishi Delica 4×4 : à partir de 10 000€
  • Mercedes Sprinter : à partir de 12 000€
  • 4X4 Type Ford ou Dodge et campervan : à partir de 12 000€
  • Westfalia : à partir de 15 000€

Avec 4 mois de recul, si on pouvait se donner nos propres conseils, on commencerait par : évitez les vans qui ont eu 10 propriétaires dans les 6 dernières années. De nombreux voyageurs achètent un van pour 3 à 6 mois, le temps de parcourir quelques pays d’Amérique du Sud, et le revendent. Le problème c’est qu’ils ne prennent pas soin du véhicule et que vous risquez de payer les pots cassés. N’hésitez pas à demander tous les documents de la voiture et l’historique des factures de garagistes.

Si vous achetez un véhicule américain, vous pouvez avec son numéro de châssis (VIN) vérifier son passif (accidents, amendes) sur internet.

Le nôtre n’a eu que deux propriétaires et on galère un peu avec la mécanique qui n’a pas été entretenue régulièrement. C’est pas mal aussi de se renseigner sur les pièces détachées, voir si elles se trouvent facilement dans les pays où vous allez voyager (ça nous aurait évité d’être coincés 10 jours chez un garagiste parce que notre modèle n’a jamais été vendu en Argentine).

Voici une petite liste des questions qu’on posait à chaque vendeur :

  • La consommation ( ? L/100 km)
  • Les dépenses mensuelles moyennes (essence, entretien)
  • Date de changement de la batterie
  • Date de changement des pneus
  • Si panneaux solaires : date d’installation + date changement batterie, convertisseur et panneau de contrôle

Vous pouvez vérifier le bon état de l’installation solaire avec un ampèremètre

Une fois que vous avez toutes les réponses, que vous avez fait un petit tour pour tester le véhicule, fait un check up chez un garagiste (de préférence un garagiste de la marque du véhicule), vous êtes prêts à passer chez le notaire !

Mais comment on achète un van américain quand on est français ?

Rien de plus simple…ou presque.

Nous avons choisi de passer par un intermédiaire, Alex Smith de Overlanding Titles, basé à Washington et qui s’est occupé de faire tous les papiers pour nous aux Etats-Unis.

  1. Aller chez un notaire avec les propriétaires actuels du véhicule et faire établir un Poder. C’est une autorisation officielle qui permet de voyager au Chili et de traverser les frontières.

Le Poder ou Autorizacion doit contenir les informations suivantes : nom et numéro de passeport des propriétaires actuels, détails du véhicule, votre nom et votre numéro de passeport, les pays dans lesquels vous pouvez vous rendre, la date de validité du Poder, la signature et l’empreinte du propriétaire, le cachet du notaire.

Lorsque vous passez une frontière, il suffit de montrer ce document et le Title of Registration du véhicule au nom de l’ancien propriétaire.

Pas besoin de prendre un rendez-vous, vous pouvez vous rendre dans n’importe quel bureau de notaire, prendre un numéro et attendre votre tour. Il vaut mieux y aller tôt le matin.

  • Retourner chez le notaire et faire compléter un Power of Attorney (Alex Smith vous envoie le template qu’il suffit de compléter), le faire signer et apostiller. Lui renvoyer un exemplaire scanné par email.
  • Attendre environ 15 jours pour recevoir via DHL Express le Title of Registration à votre nom et vos nouvelles plaques d’immatriculation.
  • Lorsque vous sortez du pays, clôturez votre TIP (Titre d’Importation Temporaire de votre van), changez vos plaques d’immatriculation sur le parking et entrez dans le pays suivant avec vos nouvelles plaques et le certificat à votre nom.
  • Environ 6 semaines après l’achat, Alex Smith reçoit le Vehicle Certificate of Title chez lui, vous pouvez choisir de vous le faire envoyer par DHL ou de le laisser chez lui. Au cas où nous nous fassions voler nos papiers/cambriolé, nous avons choisi de lui laisser notre titre de propriété et de le récupérer chez lui quand nous passerons à Seattle.

Tip : Il n’est pas possible de changer de plaques d’immatriculation à tous les passages de frontières donc mieux vaut avoir un Poder valide pour plusieurs mois.

Petit point budget

  • Les services d’Alex Smith : 250$
  • Les taxes et autres coûts administratifs : 195$
  • Les deux visites chez le notaire : 20$
  • L’envoi via DHL vers une « ville reculée » (San Pedro de Atacama) : 150$

Soit un total de 615$ ou 550€.

On espère que cet article vous aura aidé à y voir un peu plus clair. N’hésitez pas à nous envoyer un message ou à nous laisser un commentaire avec vos questions !

Belle journée et à très vite pour de nouvelles aventures !

3 Comments

  1. Les notaires au Chili, c est bien different d en France ! Il y en a un a tous les coins de rue. Il suffit d y aller (sans rendez-vous) et de faire la queue avec le proprietaire.

    • Anna & Thibault Reply

      Bonjour et toutes nos excuses pour cette réponse très tardive 😉
      Notre van nous a couté 15 000€ si on inclut les optimisations mécaniques qu’on lui a apporté après achat.

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